Dans l’effondrement des Twin Towers à New York, le 11 septembre 2001,
l’acier n’est pas mis en cause. C’est ce qu’a, entre autres, montré le rapport
du National Institute of Standards and Technology (NIST), publié sous sa
version définitive en octobre 2005. Selon ce rapport, qui a mobilisé plus de
230 experts sur le sujet pendant 3 ans, les tours étaient bien conçues et
l’acier correctement utilisé et protégé. Mais il n’a pu résister à l’effet combiné
de l’impact et de l’échauffement.
Retour sur l’événement, en trois étapes
techniques.
- L’impact des avions sur les tours a détruit ou largement déformé de nombreux
poteaux de façade et, partiellement, certains planchers. Il a aussi endommagé des
poteaux du noyau central. Les éléments de structure intacts ont vu de ce fait leur niveau de chargement augmenter fortement.
- Les incendies qui en ont résulté ont conduit à un échauffement des éléments
de structure (poutres, planchers, poteaux) d'autant plus important pour certains
d'entre eux que leur protection avait été détruite ou endommagée. Les éléments
qui n’étaient plus protégés ont atteint des températures de l'ordre de 650/700°C,
alors qu’elles n'ont pas dépassé 300°C dans les poteaux encore protégés.
- Sous l’effet du fort échauffement, les poteaux, déjà surchargés, ont perdu
leur résistance mécanique. Les planchers, en se déformant, ont “tiré” les façades
vers l'intérieur, créant ainsi des moments fléchissants supplémentaires ne
pouvant plus être supportés par les poteaux échauffés. Ensuite, c'est l'effet
dynamique de l'effondrement des étages supérieurs qui, d'étage en étage, a
conduit à l'effondrement total des tours. Après 56 minutes
pour la tour sud et 102 minutes pour la tour nord.
Propos recueillis auprès de Joël Kruppa, du CTICM.
POUR EN SAVOIR +
Gérard Delassus
TÉL.: + 33 1 41 25 59 52
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